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La commission européenne s'estime sur la bonne voie pour désamorcer la concurrence entre les surfaces agraires destinées à l'alimentation humaine et la production de végétaux bio-énergétiques. La prime versée pour ces cultures serait supprimée, si les 27 états membres parviennent à trouver un accord, explique Marianne Fisher-Boel, la porte-parole de la commission agricole.
Les agriculteurs européens obtiendraient de moins en moins de primes pour certains produits et préfèrent suivre le marché. Par exemple cette année, la hausse du prix des produits alimentaires les pousse à augmenter la production de blé. L'objectif fixé à 2020 de consacrer 10% des surfaces aux végétaux pour carburants ne rogne pas trop sur les surfaces alimentaires, explique la porte-parole, dès lors qu'on y inclus la deuxième génération de bio-carburants. Ce qui n'empêche pas les critiques de plus en plus nombreuses envers la part ainsi réservée aux énergies végétales, y compris sur d'autres continents.
"L'augmentation mondiale de la production de biocarburants menace l'accès aux denrées alimentaires pour les populations pauvres d'Amérique latine", annoncait hier la FAO (Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation) au cours d'une conférence organisée à Brasilia. "Sans sécurité alimentaire (pour les pauvres), nous ne pouvons pas même
envisager des biocarburants(...). Cela créerait d'énormes déficits
alimentaires et des troubles sociaux", déclarait le vice-ministre vénézuélien chargé du Développement rural, Gerardo
Rojas.
Il y a un an, Fidel Castro mettait sévèrement en cause les Etats-Unis sur le même sujet, en déclarant que: "trois milliards d'habitants de la planète sont voués à mourir
prématurément de faim ou de soif en conséquence du projet des
Etats-Unis de transformer en carburant des denrées alimentaires comme
le maïs."
Les récentes "émeutes de la faim" à Haïti et plusieurs pays africains sont de sérieux avertissements que les pays nantis ont tout intérêts à prendre au sérieux s'ils veulent éviter une catastrophe mondiale sans précédent. source: EU et Reuters
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