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S&N, l'affaire est quasiment faite |
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23-01-2008 |
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Après avoir accepté la semaine dernière du bout des lèvres une offre à 800 pence par action, le groupe écossais S&N est très certainement à la veille d'un changement de propriétaire. C'est du moins ce qu'on peut déduire des rumeurs qui courent dans le milieu brassicole depuis le 21 janvier, date butoir fixée par le Take Over Panel britannique pour le dêpot d'une offre ferme et définitive.
La partie de poker enclenchée le 16 octobre par l'OPA de Heineken/Carlsberg touche donc à sa fin, sur le score enviable de 10,5 milliards d'euros et une hausse de 26% en Bourse de l'action de S&N par rapport à la même date. L'offre initiale portait sur 720 pence, puis 750 et plus récemment encore, sur 780 pence. Alors que le cours "normal" de l'action S&N ne devrait en réalité guère dépasser les 600 pence, compte tenu des résultats du groupe depuis le début de 2007. Selon un porte-parole de Scottish Widows Investment Partnership, un fond d'investissement appartenant à S&N, l'offre actuelle est "irrésistible pour les actionnaires". Tu m'étonnes, une sur-cote de près de 3 milliards en moins de 3 mois, ce n'est pas tous les jours que ça se présente.
Mais que ne ferait-on pas pour s'offrir un ticket d'entrée royal sur le 3ème marché mondial qu'est la Russie, quand on est respectivement numéro 4 et 5 au Top 10 des brasseurs ? Dans le deal en cours, le contrôle de BBH actuellement partagé entre S&N et Carlsberg à 50/50, irait à Carlsberg tandis que Heineken irait bien s'ancrer en profondeur sur le marché britannique. En France, le n°1 Kronenbourg passerait également à Carlsberg. Pas par plaisir, mais pour éviter une situation de monopole à Heineken, n°2 dans l'hexagone. Une subtilité juridique qui ne changera rien, si cela se réalise, au fait que les consommateurs français, quelle que soit la bière qu'ils achèteront dorénavent, enrichiront de toute manière les mêmes actionnaires.
A la brasserie d'Obernai, tout ceci paraît encore loin. Les syndicats restent pour l'instant concentrés sur la réalité immédiate. A savoir plusieurs plans sociaux affectant pas loin de 200 personnes. L'externalisation de la centrale d'épuration et de l'expédition, le devenir des personnels d'Elidis, 83 emplois à l'administration à Strasbourg, autant de problèmes concrets à traiter pour Jean-Marc Schneider, délégué CGT, pour qui "ces plans sociaux sont plus important dans l'immédiat qu'un changement de patron", même si, ajoute t-il: "les patrons restent des patrons. Alors que ce soit X, Y ou Z qui nous reprend pour améliorer sa rentabilité, ce que je peux comprendre, il faut aussi qu'il comprenne que les ouvriers doivent vivre".
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