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Le groupe allemand Radeberger quittera la fédération des
brasseurs allemands le 31 décembre 2008.
Mécontent des travaux du DBB (Deutschen Brauer-Bundes), le
plus grand producteur de bière d'Allemagne, le groupe Radeberger tourne le dos à
sa fédération de branche. Radeberger qui couvre près de 15% du marché allemand,
reproche au DBB "une attitude systématique de refus". Le brasseur
critique aussi bien la structure de l'organisation que son attitude envers les
grosses entreprises du secteur.
Radeberger devient ainsi le troisième groupe d'importance à ne
plus être représenté au sein de la fédération après Krombacher et le brasseur
spécialiste du discount Oettinger. A eux trois ils représentent plus du quart
des ventes de bières outre-rhin.
Cette désaffection illustre les tensions qui règnent chez
les brasseurs allemands. D'un côté une fédération qui s'escrime à défendre ses
adhérents face aux diktats imposés parles grandes multinationales, de l'autre
des adhérents certes importants localement mais insignifiants sur la scène
internationale, le tout au sein d'une structure qui accueille les premiers à titre
de brasseurs régionaux. Pour contre
balancer ce phénomène, Radeberger demandait une adhésion directe, ce que la
structure fédérale du DBB n'autorise pas.
Pour comprendre, la brasserie Beck's propriété d'Inbev (n1
mondial) est considérée comme une brasserie régionale au DBB au même titre que
la brasserie privée Bolten par exemple. Du fait des volumes de Radeberger,
krombacher ou Oetinger, celles-ci sont qualifiées de grosses sociétés, ce qui
est exact, mais ne sont pas pour autant comparables à des InBev ou des
Heineken, bêtes noires du DBB qui est, rappelons-le, une fédération de 6 fédérations
qui défendent les intérêts de groupements régionaux et de syndicats de
branches, au niveau régional, national et européen.
Les récentes dispositions européennes en faveur de la
publicité sur les bières ou l'interdiction de fumer dans les lieux publics ont
montrées les limites du lobbying mené par le DBB. Jugé inefficace par les
grosses sociétés qui subissent directement les pressions du marché européen,
appréciée par les petites structures qui peuvent de plus compter sur le
patriotisme local pour subsister, ces actions semblent contre productives aux
locomotives du marché national. Une querelle d'intérêts qui a produit des dégâts
identiques chez les producteurs de tabacs, qui ont carrément dissout leur fédération
en juillet dernier après un conflit analogue entre cigarettiers.
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