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30-05-2006 |
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L'ambiance était au ras du bitume, ce matin dans la cour de la brasserie. L'annonce hier de la liquidation en a laissé plus d'un hébété. Quelques-uns prétendaient avoir anticipé la situation, d'autres se disaient soulagés. Aucun cependant n'avait le coeur à faire des projets. En fin de matinée, les liquidateurs sont passés pour confirmer la situation aux salariés. Cessation totale de l'activité avec arrêt immédiat des ventes, pour des raisons fiscales et ainsi éviter les foudres des douanes. Ils les ont également assurés du strict respect des procédures prévues par la législation, rassurés sur le versement des salaires, ceux de mai ont été virés, et leur ont indiqué qu'ils n'avaient que 15 jours pour réaliser les actifs et clore la procédure. De son côté Daniel Irion, dont le plan de reprise était soutenu par le CE, se déclarait déçu par la justice. "Malgré les garanties que nous avons apportées et une enveloppe totale de près de 10 millions EUR prête pour continuer le brassage et sauver 39 emplois, le tribunal a préféré liquider. Nous avions 2 experts, dont l'un qui a construit K2 (brasserie Kronenbourg à Obernai), qui disaient que l'usine était tout à fait vivable, moyennant quelques travaux que nous nous étions engagés à entreprendre. Cela n'a pas suffit ! J'étais sur le point de racheter 3 établissements, dont 1 dans un projet touristique très important pour la région, pour assurer un débit de bière à la brasserie. Il y avait là au minimum une vingtaine de créations de postes supplémentaires à la clef. Ce plan tombe naturellement à l'eau. Je suis attéré de toutes ces décisions et triste pour les salariés de Schutzenberger. Et pour le moment, je me demande si je vais encore investir en France un jour..."
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