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Selon les termes véhiculés par les dépêches d'agences, la réunion d'information qui s'est tenue vendredi aurait permis aux syndicats (CGT et CGC) de la brasserie Schutzenberger d'entendre de la bouche de leur Pdg: "(...)c'est sûr qu'on a un effectif qui ne correspond pas à notre production". à savoir 69 salariés et une production de 100 000hl à peine (contre 200 000 il y a 5 ans). Pour Patrick Schmitt, le représentant de la CGT cité, ce serait "un sureffectif d'environ 30 %" qui a été évoqué par la Direction. Dans la même dépêche (voir ici attention: lien provisoire), on apprend aussi que les syndicats "souhaitent un changement de direction" (!!!) et que "le personnel est prêt à se battre" (après des années de discrétion, voire d'angélisme, ça risque d'être dur) et que (nous) "sommes évidemment opposés à la reprise de la brasserie" (il y aurait encore déjà un repreneur ?), "même s'il y a beaucoup à faire sur l'outil industriel". Oh les téméraires, voilà qui est envoyé ! Dommage que ces propos arrivent un peu tard. Parce que dans une cité qui a déjà laissé filer Adelshoffen (104 salariés et 570 000 hl) en 2000 et sans grande mobilisation ormis les médias, ni de la part des collègues, ni de la population... on peut légitimement douter de la portée et de l'impact de ce genre de déclaration de circonstance. Ce dimanche, les DNA reviennent sur l'affaire avec 2 articles. L'un, principalement consacré aux déclarations du représentant CGT et l'autre intitulé "Angoisse dans les bistrots", un petit micro-trot' chez les cafetiers Schutz et un encadré consacré aux réactions des élus. Le maire comme le député se disent "attristés, mais pas surpris". Surpris par quoi exactement, ce n'est pas précisé, (consensus ça s'appelle) mais on lit ceci:
"Au cours d'une réunion début octobre, la Pdg de Schutzenberger présentait au maire de la commune(...), au député André Schneider et aux représentants de la Région, du département, de la communauté urbaine de Strasbourg et de l'ADIRA, un plan de relance destiné à renflouer les caisses de son entreprise. Pour répondre à l'offre d'un promoteur, il fallait rendre constructible au plus vite 10 000 m² de terrain de l'actuelle brasserie. Les élus et les techniciens présents ont expliqué à la Pdg qu'il était légalement impossible de modifier un POS en moins de 18 mois, et encore moins en quelques semaines... (fin de citation) En clair: "j'ai le couteau sur la gorge, il me faut du liquide rapidement, faites quelque chose où ma boîte coule". Réponse: "désolé, c'est impossible, il est trop tard". Comme "ils" sont juste attristés et pas surpris (voir plus haut), on pourrait imaginer un complément du genre "on t'avais prévenu". Pour comprendre la suite, sachez que la brasserie Schutzenberger possède les murs et un fond de bar-restaurant à Strasbourg qui porte le nom de "Le Schutzenberger" qui fut géré jusqu'il y a peu par Mlle Muller. Les murs de ce fond de commerce appartiennent à la brasserie qui les loue à une co-propriété exploitante, dont fait toujours partie l'ex-gérante et actuelle Pdg de la brasserie. Le bar est en règlement judiciaire depuis la mi-octobre, la brasserie déposera sa requête ce lundi 31 octobre. Dans un entretien publié par les DNA le 21/10, sous le titre "Quel avenir pour le Schutzenberger ?", Mlle Muller affirme qu'un fabricant de vêtements aurait proposé "un loyer de 100 000 EUR", mais qu'elle "voulait que l'endroit reste Le Schutzenberger, que ce soit une vitrine". Une devanture, pardon, un élément de prestige, qui serait "louée 25 000 EUR par mois", dixit le même article. Le lendemain, sous le titre royaliste, impérial, républicain (au choix, cette brasserie ayant vécu ces 3 régimes) "On ne raye pas d'un trait 265 ans d'histoire", Mlle Muller indique qu'elle administre la brasserie depuis 15 ans, qu'elle connaît la situation depuis longtemps et déclare qu'il lui "faudrait au moins 5 millions d'euros pour moderniser l'outil de production". Une analyse lucide, mais à posteriori. Quid du fameux Schutz en 99, au coût de réhabilitation resté soigneusement secret et classé "confidentiel défense - niveau IV", tant il aurait apparemment été indécent de l'annoncer au public, alors que la brasserie nécessitait déjà un sérieux lifting ? Est-il toujours inconvenant dans les circonstances présentes, alors que va se jouer l'avenir d'une entreprise et celui de 69 personnes, de s'interroger sur l'opportunité de cet investissement ? On peut très bien comprendre par exemple, qu'après des décennies de management paternaliste fleurant bon leur XIXème siècle, avec une bonne vieille dose d'optimisme, aussi romantique qu'arrogant, certains effets tardent à disparaître. Tout le monde peut se tromper. Toutefois, l'époque où il suffisait d'appeler un pote bien placé pour partager une pression amicale autour d'un petit coup de main aussi discret qu'opportun ou vendre vite fait, bien fait 2 - 3 bistrots histoire de doper un bilan un poil trop poussif, est révolue ! Et cette fois, l'habituelle méthode Coué à la schilikoise, qui consiste à jouer du carnet d'adresses en se targuant d'une présence à la cour du Boukistan et dans la gastronomie du Minnesota de l'Ouest, pour faire croire qu'on est un acteur économique majeur et responsable, ne suffira probablement pas. Une réunion avec le personnel est annoncée pour le mercredi 2 novembre. A suivre...
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