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Fischer, le maennele* se rebiffe Convertir en PDF Imprimer Suggérer par mail
07-04-2005
 

Moins d'un mois après l'annonce par Heineken de la suppression de 83 postes dans ses deux brasseries de Schiltigheim, les employés de production de Fischer se sont mis en grève hier, pour un arrêt de travail de 24h.**

L'intersyndicale CGT-CFDT dénonce la logique financiere tenue par le groupe Heineken au détriment des emplois. Elle conteste les suppressions envisagées, qu'elle juge injustifiées. Selon les syndicats, ce projet "a pour seul objectif l'augmentation des profits et la rentabilité financière". Ils tirent leurs arguments d'un récent rapport d'expertise couvrant la période 1999 - 2003, qui indique que les salariés produisent d'années en années plus de richesse, représentant, d'après les calculs des syndicats, un montant de 13 millions d'euros en valeur ajoutée. Durant cette période, les profits auraient grimpés de 32 %.**

ImageCôté direction, on invoque la baisse de production enregistrée depuis 2 ans et la pression de la concurrence pour justifier le plan social. Qui serait, toujours selon la direction, un "comportement responsable". Suite du feuilleton après la réunion du comité d'entreprise du 21 avril.**

Entre ces deux positions chemine probablement une forme de vérité. A Schiltigheim, où le coeur et la raison s'emballent souvent côté brasseries, on pourrait dire bis repetita, tant la situation rappelle celle d'Adelshoffen, qui appartenait à Heineken, juste avant sa fermeture il y a 5 ans.

Similitude dans les productions à succès (Adelscott vs. Desperados), égalité du raisonnement économique (tout pour satisfaire l'actionnariat), unicité de lieu (brasseries en centre-ville, étriquées, difficiles d'accès, impossibilité d'agrandir, lourdement taxées, valeur foncière à la hausse). Ce dernier argument est particulièrement sensible, puisqu'à Strasbourg la demande foncière dépasse l'offre de 30% et que les prix ont atteints des sommets records en 2004.

Côté stratégie, Heineken reste fidèle à sa politique historique, celle d'imposer sa marque et non ses alliés. Le fait de possèder un "brasseur d'idées" ne change rien à l'affaire. La preuve aujourd'hui avec Fischer, qui malgré son savoir-faire évident et un outil de travail parfaitement adapté aux séries limitées et aux spécialités, fait ou va faire les frais de cette logique implacable. Le compte à rebours a bel et bien commencé.

* le petit bonhomme
**source DNA

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