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Le marché brassicole russe pourrait bien subir un impact négatif dès le printemps prochain. Le 28 octobre, 429 députés contre 1 siégeant à la Douma, votaient en deuxième lecture un projet de loi visant à interdire la consommation de bière dans tous les lieux publics, c'est à dire aussi bien dans la rue, les hôpitaux, les facs, les stades, les parcs ou les transports en communs. En admettant que le président Poutine signe ce projet, et il n'y a aucune raison qu'il ne le fasse pas, puisque la consommation de bière est considérée comme le premier facteur d'alcoolisme des jeunes de son pays, cette loi entrerait en vigueur à compter d'avril 2005. En août, la chambre basse avait déjà voté un texte limitant très sévèrement la publicité pour la bière dans les médias et dans les stades. Baltika, premier groupe brassicole de Russie et deuxième marque européenne (8,5 mio hl), appartenant à la holding BBH (50/50 Carlsberg et S&N) est en première ligne pour apprécier les effets de ces dispositions. Les 10 brasseries du groupe Baltika ont produites un total de 15,5 millions d'hl de bières et boissons diverses en 2003. La marque N°3 Classic couvre à elle seule 4,5 % du marché russe (y compris les Balkans) et s'exporte dans 31 pays. Baltika est aussi le premier exportateur de bière du pays avec 90 % des volumes. Mais ce sont bien les quelques 146 millions d'habitants de la Russie qui constituent son coeur de marché. Et là, les chiffres de BBH, + 16% de ventes et +8% en volumes en 2003, pourraient bien subir les effets de la loi. On se rappelera qu'en 1991, la France visait les mêmes objectifs en adoptant la loi Evin, avec des conséquences relativement importantes sur les ventes, ou du moins sur les modes de consommations. (voir doc INSEE : 40 ans de baisse de consommation - mai 2004). Les bouleversements qui avaient suivi, volontaires ou induits, affecteront probablement les consommateurs russes de la même manière. Mais qu'en sera t'il des actionnaires et des investisseurs sur un marché 7 fois plus grand que la France ?
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