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Editorial: la Citadelle est tombée
La Citadelle est la dernière née des MDD (marque de distributeur) brassée entre autre chez Adelshoffen. C'est aussi une des dernières bières soutirée dans la brasserie. Elle est aussi brassée à Mons en Baroeuil.
Employés de brasseries, si votre usine produit entre 400 000 et 1 millions d'hectos, votre avenir se présente mal ! D'après la bible économique en vigueur dans le petit monde de don Brassico en général et d'Heineken en particulier, votre taille est critique. Trop gros pour des petits brasseurs, trops petits pour les gros (au choix) industriels, brasseurs, actionnaires. Vous devrez tôt ou tard disparaître. L'affaire Adelshoffen le démontre une fois de plus.
L'affaire ? Oui car c'en est une ! Cette usine a produit du MDD depuis plus de 3 ans pour une multinationale exclusivement brassicole et financière. Cette production avait été induite par le groupe Pêcheur lors de son rachat en 1996. Heineken n'a fait que rationaliser la chose. Pour autant, on peut se demander pourquoi avoir racheté une telle usine ? Tout simplement pour mettre la main sur un groupe proche de l'Allemagne et sachant produire des bières spéciales. Chose que Heineken ne sait et ne veut pas faire. Toute les bières spéciales du groupe sont produites dans des unités qui furent jadis indépendantes. Wieckse Witt, Affligem, Adelscott et tant d'autres. Heineken n'a toujours fait que de la Heineken. Les autres marques sont considérées comme des niches. Si la niche ne "donne" plus, on la ferme. Et le prestige est sauf ! Comme aujourd'hui avec Adel. Ce n'est pas Heineken qui ferme, mais une brasserie du nom d'Adelshoffen. Tellement connue pour des MDD aussi pittoresques que Citadelle, Bière de France, Munsterhof, Rhinberg, Sterling, Strasbrau et des dizaines d'autres qu'il ne reste plus guère que les salariés qui connaissent encore le nom de leur usine ! La grande majorité des consommateurs a trappé Adel depuis un moment. Et la dernière marque maison, l'Adelscott, a eu droit à un tel battage publicitaire, que nombre de ses amateurs sont persuadés qu'il s'agit d'une bière écossaise ! C'est l'an 2000 que diable ! Une bière se vend par son image, réelle ou virtuelle, pas par son histoire, les hommes qui l'a font, encore moins parce qu'elle est produite dans une usine qui a presque 150 ans d'existence.
Adel et les médias. Ah qu'il est long le chemin qui mène à la lumière. Il n'y aurait pas eu le coup des citernes de gaz, avouons que le conflit n'aurait pas interessé grand monde. C'était, mettons, de bonne guerre. De là à faire croire aux médias qu'on allait casser la baraque, c'en était une autre, moins évidente. Mais le plus grave aura été de laisser entendre que les négociations pourraient être sévères. Car en apparence, tout laissait à croire que la grève était dure. Les injures volaient. Les menaces fusaient. La direction avait abandonnée les lieux. Les salariés déboulaient de temps en temps en ville. Mais au final, on se retrouve autour d'une table pour résoudre tous les problèmes en une journée ! Ça c'était tout bonnement de l'intox syndicale. Adel ferme, mais devient championne du monde de résolution de conflits sociaux. Vite fait bien fait et tout le monde est d'accord en quelques heures. Chapeau les mecs ! D'autant que les responsables de la direction du Travail ont confirmés avoir "bétonné" leur sujet depuis avril et qu'il avait été convenu entre les délégués et leur direction, que tout, au niveau du plan social, devrait se dérouler rapidement et sans discours inutiles. De l'aveu même du directeur de la DDTE, Daniel Firobe, un conflit de cette envergure avec une issue aussi favorable, il n'en avait que très rarement eu l'occasion dans voir dans sa carrière. Et pas étonnant qu'André Pecqueur ait eu l'air si ravi depuis son retour à Schiltigheim. Un plan social en partie à la charge du contribuable, c'est toujours bon pour les dividendes d'une multinationale obligée de se séparer, à regret et avec des larmes de crocodiles, d'un personnel si performant, si doué, si..., si... Si !
Le vrai débat aurait pu porter sur l'avenir de la bière. Se mettre en grève pour sauver un site comme Adel était utopique. Tout miser sur ce seul point et rien avoir à proposer pour vivre du brassage semble un peu juste pour négocier avec un géant comme Heineken. C'était pas à la gorge qu'il fallait les prendre, mais aux c.... ! Bloquer les entrepôts et la production sur les sites Heineken en activité. Exiger de faire de la bière pour des buveurs de bières à Schilick, pas demander le maintien d'une usine à bibinne de supermarché qui ne rapporte rien à personne. Tenir un dialogue de brasseur à brasseur, car contrairement à Adel, Heineken n'a jamais bradé ni son talent, ni sa lager et surtout pas son nom. A personne et nulle part ! page suivante: historique de la brasserie
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