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Le Groupe Danone vient d'annoncer la vente de son activité bière en Europe au groupe britannique (Scottish & Newcastle). Exit donc Interbrew et Anhaeuser-Bush qui faisaient figure de favoris selon les rumeurs qui couraient depuis quelques temps et bonjour S&N, qui brasse depuis plusieurs années la kro destinée au marché anglais. Selon l'accord de principe qui vient d'être signé, Danone cède la quasi totalité de ses activités brassicoles, à savoir les brasseries Kronenbourg, les brasseries Alken-Maes en Belgique ainsi que les 24% de parts du brasseur italien Peroni Spa. Danone conserve toutefois ses activités en Chine ainsi que sa participation d'un tiers dans la brasserie espagnole Mahou. Dans le même temps, le Groupe Danone céderait à la société Mahou, qu'il contrôle à hauteur d'un tiers du capital, sa participation de 69% dans le capital de San Miguel (C.A. 99 : 1,6 milliard de F) pour 2,2 milliards de Francs. L'accord signé par les deux brasseurs stipule que Danone recevra un montant initial de 5 milliards, dont 1 milliard en actions S&N en contrepartie de son apport. Danone conserve 25% de participation dans le nouveau groupe, mais pourrait la céder à son initiative en tout ou en partie dans un délai de trois ans pour une somme minimum de 13 milliards, ce qui valoriserait alors l'ensemble de la vente à quelques 18 milliards de francs. Dans son communiqué, Danone estime par ailleurs "qu'avec des positions leaders en termes de parts de marchés (40% en France et 28 % en Angleterre) et un portefeuille de prestige avec les marques Kronenbourg et Fosters, il deviendrait le plus rentable des brasseurs européens ". Si la vente obtient le feu vert des autorités européennes, ce nouveau groupe deviendra le 2ème brasseur d'Europe derrière Heineken l'actuel leader. L'ensemble représentera alors 29 millions d'hectos et un C.A. de 30 milliards de francs annuel (4,57 Mds d'euros). Si l'optimisme semble de rigueur au niveau de la direction du Groupe Danone, il n'en est pas de même du coté des syndicats. Bien que Kronenbourg ai fait savoir qu'aucune marque du groupe n'était menacée et qu'aucun emploi ne serait supprimé, l'inquiétude et la vigilance sont de mises parmi les salariés. Selon Marcel James secrétaire général du C.E de Kronenbourg et délégué CFDT, il existerait deux points noirs : l'emploi et le maintien des avantages acquis : " Est-ce que le nombre d'établissements et d'emplois resteront les mêmes ? " Kronenbourg possède aujourd'hui 4 unités de productions (Strasbourg, Obernai, Champigneulles, et Rennes et emploie 2.000 personnes. " A plus ou moins brève échéance, on peut penser qu'il y aura des suppressions d'emplois. Il n'y aura pas de grève dans l'immédiat, mais tout est envisageable ". Les syndicats restent pour l'heure très vigilants en attendant des négociations avec la Direction qui commenceront le 28 mars. De leur côté, Roland Ries maire de Strasbourg et Catherine Trautmann, présidente de la Communauté Urbaine de Strasbourg, ont fait savoir que : " ils prenaient acte des engagements des repreneurs de maintenir l'entité Kronenbourg. Ils seront particulièrement vigilants sur le maintien de l'emploi et de la rémunération des personnels et souhaitent vivement le maintien du centre de décision de Kronenbourg dans son site historique de Strasbourg ". Enfin, le secteur CHR est également attentif à ce coup de canon dans le landernau brassicole. Bien qu'il soit encore trop tôt pour se prononcer sur les éventuelles conséquences de cette fusion, Gérard Laîné, président des cafetiers de Strasbourg a déclaré que : " Depuis le temps qu'on en parlait, cette vente n'est pas étonnante. Je regrette un peu qu'une marque française aussi prestigieuse soit à présent en des mains étrangères, mais il va bien falloir s'habituer à la mondialisation. Peut-être que nous autres cafetiers devront apprendre à travailler d'après des méthodes anglo-saxonnes. A priori ça ne me semble pas très bien, mais si de nouvelles exigences, particulièrement en matière de formation professionnelle sont imposées par les nouveaux propriétaires, c'est toute la profession qui pourrait en bénéficier". L'avenir nous le dira !
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