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La Hanse... et vous vous dites: Tiens! j'ai déjà entendu ce nom là quelque part... Sachez donc que la ligue hanséatique contribua largement au développement du doux breuvage que vous aimez tant : la bière.
Une formidable puissance navale
Créée au douzième siècle, la ligue hanséatique est une confédération de marchands allemands. Harengs, sel, métaux, miel, ambre, bière et vins... La ligue hanséatique transporte de tout grâce à sa flotte privée, car c'est avant tout une puissance navale. La capacité d'un bateau de la hanse qu'on appelle des "hansa cog" est de 120 tonnes, et l'équipage comprend 14 à 25 hommes.
La Hanse se compose d'une diète avec des représentants de villes membres. Mais les alliances sont suffisamment souples pour que tout le monde y trouve son compte. Concue pour favoriser le commerce entre les villes de Lübeck et de Hambourg, la Hanse, qui veut dire guilde en haut allemand, réunira plus de soixante-dix villes à son apogée. La Hanse, par exemple, favorisera le commerce du hareng, rendant la salaison possible grâce à l'accès de Hambourg aux mines de sel de Kiel. Et on apprendra avec amusement que pour travailler dans un de ces comptoirs, un négociant* devait être un homme marié, de bonne réputation et s'engager à servir pour au moins une année.
* De nombreux descendants de ces marchands allemands portent encore un nom en rapport avec ces négoces d'autrefois, comme "brasseur" par exemple.
La suprématie des bières allemandes
Mais revenons à la bière. Si la Hanse acheminait vers la Scandinavie les céréales des plaines de l'Europe continentale, les bières wendes (de l'Allemagne du nord) et les vins du Rhin complétaient la cargaison vers l'ouest. Au XIVème siècle, la ville de Brême est la principale pourvoyeuse de bière, suivie par Hambourg.
En 1500, six cents brasseries sont dénombrées à Hambourg, si bien que la ville y a gagné le surnom de "brasserie de la ligue hanséatique".
Brunswick et Einbeck (où fut créée la bière bock) étaient deux autres centres importants. Il est dit que la bière fabriquée à Eibeck était une bière forte, épaisse, qui pouvait aisément fermenter pendant le voyage, ce qui était un avantage alors que l'on n'avait pas encore de méthode de pasteurisation. On sait que la Hanse * exporta de la bière jusqu'en Inde. De son côté, Amsterdam, qui ne fait pas partie de la ligue, développe son commerce de la bière en direction des pays baltiques avec un certain succès puisqu'elle concurrence les villes allemandes précédemment citées, en faisant payer un octroi aux bières allemandes.
* la France ne joue qu'un rôle modeste dans le commerce de la Hanse avec ses exportations de blé, de sel... et de vins!
De la bière coupée d'eau
On peut voir les vestiges de ce commerce florissant, notamment en Norvège, au comptoir de Bergen. Tout un quartier, celui de"Bryggen" - encore appelé le quartier des allemands- y possède encore les entrepôts en bois utilisés pour stocker les marchandises et dont les marchands de la ligue avait le monopole de la manipulation. On y découvre des barriques, des tonneaux, des écritoires sur lesquels on peut encore déchiffrer des livres de comptes écrits à la plume d'oie. Pour l'anecdote, on sait que les apprentis avaient droit à un gobelet de bière coupée d'eau, avec une encoche pour que chacun sache à quelle mesure s'arrêter. Et en cas de non respect, le contrevenant devait payer une amende !
Une belle aventure
Cette union de villes marchandes est si prospère qu'en Norvège, elle oblige la monarchie a se plier à ses exigences en organisant un blocus. A noter que les marchands n'utilisaient pas de pièces de monnaies, mais des lettres de changes que le détenteur échangeait dans n'importe quel comptoir. La Hanse disparait au quinzième siècle avec l'essor du commerce britannique et la prise de contrôle d'Etat souverains. Mais c'est quand même une belle aventure commerciale que l'on avait envie de vous raconter !
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