Mais ce n'est qu'un geste symbolique de plus pour Bernard Lancelot, qui s'y connaît en la matière. Ancien technicien sorti du nucléaire, Bernard s'est tourné vers l'apiculture dans les années 80. A la recherche de produits dérivés pour étendre son affaire, il est ammené à s'intéresser à l'hydromel et au chouchen. Deux produits connus qu'il estime insuffisamment originaux pour démarrer une nouvelle activité.
En bon breton opiniâtre et militant discret d'une certaine idée du terroir, il consulte les historiens et découvre une probable composition de la boisson naguère appréciée des Gaulois : la cervoise. La voilà, l'idée ! En 1989, la Cervoise Lancelot, une bière au miel, naît au manoir de Guermahia, à St. Servant sur Oust.
Les premiers brassins sont rudes, parfois instables à cause du venin d'abeille naturellement présent dans le miel. L'installation d'origine, montée par Bernard à partir de matériaux récupérés dans les laiteries environnantes, donne souvent du fil à retordre. L'embauche d'un brasseur professionnel résoudra une bonne partie des difficultés du départ. La Telenn Du au blé noir, puis la Blanche Hermine viennent épauler la Cervoise Lancelot, alors en pleine croissance. Le nom de Lancelot est de plus en plus connu en Bretagne et ailleurs. Deuxième brasseur breton derrière l'historique brasserie des 2 Rivières de Morlaix, Lancelot surfe sur la vague bretonnante des produits de terroir.
Après un déménagement dans des locaux plus vastes en 99, sur l’emplacement d’une ancienne mine d’or à Roc-Saint-André, dans le Morbihan, l'affaire prospère de mieux en mieux. Près de 1,2 mio. EUR de CA en 2000.
Actuellement, la brasserie Lancelot emploie 14 salariés et produit environ 80 000 hl par an sous forme de 7 bières différentes. Depuis 2001, la société produit aussi le Breizh Cola, un soda de terroir particulièrement bien inspiré, qui séduit les amateurs qui en ont ingurgité 25 000 hl l'an passé.
Après un tel parcours, on ne peut que souhaiter une bonne retraite à Bernard !
www.brasserie-lancelot.com