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Heure de gloire pour la bière en Russie |
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30-06-2008 |
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L'été bat son plein à Moscou. Les russes flânent dans la ville. Les terrasses sont bondées et les ventes de bières connaissent leur heure de gloire dans tout le pays.
 Un kiosque typique Sur les panneaux d'affichages, les 4x3 montrent une bouteille de 1,5 litre avec le slogan "Elle suffit pour 2 mi-temps". Visiblement, l'Euro 2008 de football est passé par là. Dans les kiosques, les frigos débordent de ces bouteilles. Le sixpack ou le casier de 20 bouteilles n'ont pas leur place ici. Les consommateurs préfèrent les grands contenants, qu'ils avalent sans complexe en pleine rue. Un mode de consommation tout à fait ordinaire ici.
Chez le leader russe Baltika, on indique que "les russes ne sont pas particulièrement fidèle à une marque". On peut comprendre leur attitude avec 600 marques actuellement sur le marché. Un tel choix irriterait même le consommateur lambda, qui ne sait plus ou donner du goulot.
Quoiqu'il en soit, la Russie est passée d'une consommation annuelle par habitant de 36 L en 2000 à 70 litres en 2008. Et ce n'est sans doute pas fini, la bière a encore de beaux jours devant elle. Les observateurs misent sur 80 litres à l'horizon 2010.
Fin mai, Baltika inaugurait une brasserie à Novosibirsk, en Sibérie. Une installation qui a nécessité 135 millions EUR d'investissement et qui produira annuellement 4,5 millions d'hectos de bières. A cause du climat, Baltika importera toutefois le malt à partir de Saint Pétersbourg. Ecomiquement cela n'est pas très raisonnable, mais les russes tiennent à l'appellation quelque peu héroïque "Brassée en Sibérie". La démarche est osée, mais pas suffisament pour effrayer la concurrence. Heineken, Efes et InBev s'apprêtent à faire de même dans la région, pour un investissement global de 150 millions EUR, selon le magazine Komersant.
Chez Baltika toujours, on estime que la mère nation est suffisament vaste pour ne pas déployer une stratégie de développement très virulente à l'export. Outre la Sibérie, le groupe entrevoit de belles perspectives en Asie Centrale où la consommation de bière atteint à peine 6 litres per capita.
Malgré cela, cette dynamique ascendante pourrait s'inverser sous peu. Le gouvernement a annoncé quelques hausses de taxes qui pourraient infléchir la tendance actuelle. Selon l'institut de sondage Nielsen Russie, les russes réclameront bientôt, comme la plupart des européens, des boissons plus soft. A cela s'ajoute une amélioration générales des salaires qui entraîne de facto une prise de conscience pour une vie plus saine, avec moins d'alcool. Une évolution quasi naturelle, même si la tâche semble plus ardue ici qu'ailleurs, tant les russes seraient habitués aux abus d'alcools, en particulier les plus forts qui ont la réputation de soigner et guérir toute sorte de maux. Pour preuve les 25 litres de vodka engloutis par an et par habitant dans l'ensemble du pays. Une marge que les brasseurs verraient bien basculer de leur côté au cours des prochaines années.
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