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L'été est propice aux rumeurs, aux fausses annonces et au bluff. Ce qui suit pourrait bien en être une illustration, même si cela a été extrait d'un communiqué émanant de Kronenbourg publié par les DNA. Le quotidien alsacien croit savoir que les brasseries Kronenbourg auraient décidées de cèder leur usine lorraine de Champigneulles au brasseur allemand Frankfurter Brauhaus (Francfort sur Oder/Brandebourg). Selon Kronenbourg, des "négociations exclusives avec FB" devraient déboucher sur un accord avant fin août "pour la reprise du site et un démarrage d'activité début 2007", qui précise également que "l'opération complète devrait coûter 20 millions EUR" à Frankfurter. En spécialiste des MDD, ce dernier "pourrait ainsi se rapprocher du marché d'Allemagne de l'Ouest et entammer le marché français". En théorie, les allemands possèdent une capacité de brassage à domicile de 1,5 millions hl. Avec les 2,8 millions de Champigneulles, ils pourraient doubler leur production actuelle, dans laquelle entrerait un potentiel de 400 000 hl de MDD brassés à Champi et que Kro s'est dit prêt à laisser au repreneur. En attendant la signature d'un accord germano-écossais il reste encore quelques détails à régler, comme transférer l'ensemble des marques Kro à Obernai et à calmer les ardeurs syndicales autour des 185 salariés lorrains, dont une centaine devraient être délocalisés vers l'Alsace et que seulement 30 ont acceptés jusqu'à présent. Côté allemand, le ciel n'est pas vraiment bleu non plus: un litige pour volumes non atteints oppose actuellement le groupe TCB, propriétaire de Brauhaus Gmbh, à son ancien client-associé, le brasseur belge Martens. FB réclame 1,2 millions EUR d'arriérés et 6,4 millions EUR de dommages et intérêts, que la justice considère comme "exagérés". En 2003, la brasserie s'appelait encore Oderland et était aux mains du groupe allemand Brau&Brunnen. Menacée de fermeture, elle est reprise par la société en participation TCB dirigée par Götz Ziaja, Karsten Uhlmann et Mike Gärtner qui la rebaptisent Frankfurter Brauhaus en janvier 2004. Ils investissent 20 millions EUR dans une ligne d'embouteillage PET et leur principal client est alors le brasseur belge Martens, avec lequel ils ont signés un contrat de 1 million d'hectos pour approvisionner le réseau ALDI en bières boîtes et PET. Fin mars 2005, ce contrat est rompu pour des volumes jamais atteints et des factures impayées. Entre temps, il a bien fallut se refaire et chercher ailleurs les hectos perdus. Si actuellement Frankfurter se distingue toujours en bière premier prix dans le hard discount, il n'en a pas moins repositionné à la hausse ses marques propres en CHR et ouvert de nouveaux marchés à l'exportation (5 000 hl de X-Beer en 2005 pour l'Inde et l'Afrique par exemple). En 2005, FB employait 114 salariés et produisait 1,1 millions d'hl, dont un tiers seulement emballé dans de la boîte, du plastique et du verre. Donc 2/3 en fûts, exclusivement vendus en CHR !!! Dans ces conditions, qui va croire que Frankfurter se contetera de faire 1 millions d'hl uniquement à l'attention des hards discounters français ? Pas sûr non plus que Karlsbrau se laisse faire aussi facilement, sans compter les réactions des Meteor, Métreau et autre Saint Omer (Sogebra/Heineken)... Depuis quand le fait de vendre peu ou prou 300 000 hl en hard discount fait de vous un repreneur sérieux, fiable et solvable ? Comment ne pas trouver les déclarations de S&N comme celles sur l'abandon de la marque Kanterbrau (et justifier ainsi la cession de Champi) terriblement ambiguës : Les ventes de bière en France ont baissées de 16% depuis 8 ans pour deux raisons principales : - La consommation d’alcool a très fortement diminuée en France, et le contexte réglementaire restrictif a renforcé ce phénomène. - Le développement des bières "premier prix" par la grande distribution et le hard discount, pèse sur le marché et renforce la concurrence. Brasseries Kronenbourg, leader sur le marché de la bière en France, est particulièrement confronté à ces deux problèmes à travers sa marque Kanterbräu. Les ventes de cette bière d’entrée de gamme sur le marché des bières blondes classiques ont diminuées de 55% au cours des 8 dernières années. Alors pourquoi vendre à "ceux qui pèsent sur le marché" quelque chose qui ne fait que "renforcer la concurrence" ? A part abaisser la masse salariale et réduire les frais de productions de S&N, on ne voit pas trop. Autant dire qu'à ce stade, on est assez loin du repreneur idéal "susceptible de développer l'activité du site" de Champigneulles que S&N appelle de ses voeux depuis le début. |